Louis Prima, king of the Swingers

Ci dessous vous trouverez le contenu de notre intervention, les titres des chansons interprétées, les vidéos diffusées, et le plan de chaque sujet abordé pendant le spectacle.

Interprétation de la chanson : BANANA SPLIT

Né en 1910 et mort en 1978 à La Nouvelle-Orléans, Louis Prima est un chanteur, auteur-compositeur et trompettiste de jazz américain (...)

 

Tapageur, bouillant et complètement déjanté, son style plein de panache a fait de lui l'un des interprètes les plus torrides de son ère. Il a déplacé des foules par dizaines de milliers à travers les Etats-Unis, notamment à la Nouvelle Orléans, New-York, Los Angeles et Las Vegas.

 

Son exubérante personnalité mélodieuse, son scatt inimitable, son irrésistible talent de show-man l'ont fait surnommer King of the Swingers, le "Roi des swingers".

1 - De 1910 à 1930 : Les premières années

Visionnage vidéo :  Video New Orleans

Louis Prima est né le 10 déc. 1910 (certains biographes parlent de déc. 1911), dans une famille de musiciens de La Nouvelle-Orléans. Ses parents, Angelina Caravella et Anthony Prima, avaient émigré de Sicile,  et après un bref séjour en Argentine, s'était installés aux États-Unis.

 

Louis prima était le deuxième fils dans une famille de 4 enfants : un grand frère, Leon, et deux jeunes sœurs. La famille habitait dans une maison au 1812 St Peter street, à la Nouvelle Orléans, quartier coloré habité par des Italiens, des Arabes, des Juifs et des Afro-Américains.

Comme on vient de le voir, à la Nouvelle Orléans la musique était omniprésente dans le quotidien, et Louis Prima se passionna tout naturellement pour le jazz, en écoutant des musiciens noirs tels que Louis Armstrong ou King Oliver, natifs eux aussi de la Nouvelle Orléans, dans des clubs tels que Matranga's ou Tonti's Social Club. Ces clubs, tenus par des Italiens, autorisaient les noirs à y jouer.

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Angelina, la mère de Louis, était une Italo-Américaine de la 2° génération, très volontaire et active à la paroisse catholique de Ste Anne, et chanteuse interprète amateur. Une des phrases qu'elle répétait souvent, et qui a inspiré Louis su toute sa carrière, était : " Souris toujours, les gens veulent voir que tu prends du plaisir à jouer pour eux". Elle s'assura que chacun de ses enfants joue d'un instrument, et c'est ainsi que Louis dut apprendre le violon, tandis que Leon, le grand frère, étudia le cornet (le cornet est une variante de la trompette, au timbre plus doux et chaud). Louis ne se mit à  la trompette que plus tard, et son frère explique dans quelles circonstances.

Visionnage vidéo : Leon son frère !

Il fonda son premier groupe au collège à 14 ans avec des amis d'enfance, puis son deuxième au lycée. A 17 ans, il stoppa ses études suite à sa rencontre avec le guitariste Franck Federico. Finalement, en 1928 il décida de se syndiquer pour devenir musicien professionnel.

Au bout de 2 ans de successions de petits contrats, il acquit son premier emploi en 1931 en tant que chanteur et trompettiste au Saenger Théâtre de la Nouvelle Orléans. Parallèlement, son nom en tant que musicien de jazz commençait à être connu dans les clubs de la ville, ce qui contrariait le chef d'orchestre du théâtre

Visionnage vidéo : Prima viré !

2 - Début des années 1930 à 1940 : New-York

Au début des années 30, Louis Prima travailla avec Red Nichols, avant de fonder son quintet baptisé "New Orleans Gang". C 'était un spectacle d'un genre nouveau, doté d'une fabuleuse énergie, et très drôle.

Le groupe fut remarqué en 1934 par le chef d'orchestre Guy Lombardo, de passage à la Nouvelle Orleans à l'occasion des fêtes de Mardi-Gras. Celui-ci persuada aisément le jeune Louis (il avait alors 24 ans) de monter à New York.

New York attirait les jeunes musiciens affamés de la grande dépression. Les risques étaient sérieux, mais les meilleurs artistes du pays pouvaient réussir à New York mieux que nulle part ailleurs.

Après après 6 mois de difficultés, il finit par être engagé avec son quintet au "Famous door", sur la 52° rue. Son répertoire à cette époque était teinté de swing et de dixieland. L'une de ses spécialités était d'établir des conversations musicales  entre lui et les autres musiciens, avec une verve et un sens du comique qui n'appartenaient qu'à lui.

C'était un aspect typique de la musique New Orleans, mais c'est lui qui l'a importée à New York, et qui lui a permis de gagner le cœur de tous les New-Yorkais, et surtout de toutes les New-Yorkaises. Mais il n'était pas seulement populaire auprès du public : il avait aussi la considération des musiciens les plus célèbres, qui lui rendaient souvent visite au Famous Door.

Visionnage vidéo : " questions-réponses" battle de musicien

1940 : Los ANGELES  

Il s'envole vers Los Angeles avec son quintette, où il achète un club qu'il baptise "Famous Door", reprenant le nom du club New Yorkais où il s'était illustré. Tout le gratin hollywoodien était là, on comptait parmi ses intimes Jean Harlow, Spencer Tracy et Walt Disney.

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En effet, un peu avant 1940, les orchestres de jazz et big bands se développent, au détriment des petites formations style Jazz-New Orleans, où tout le monde improvise en commun. Les solistes de l'époque intègrent les Big Bands, sous la coupe des chefs d'orchestre (...)

Visionnage vidéo : les tournées à travers le pays

C'est également à cette période que Benny Goodman, à la tête de son Big Band, fait un arrangement d'une chanson composée par Prima en 1936, et la propulse au rang de monument de l'ère swing, l'un des tubes les plus repris de l'époque : "sing sing sing".

Interprétation de la chanson : Sing Sing Sing

Visionnage vidéo : Jimmy Vincent Sing Sing Sing

Quand les Etats-Unis entrèrent dans la 2nde guerre mondiale, de nombreux musiciens furent mobilisés. Louis Prima, à cause d'une blessure au genou, fut exempté et put continuer à monter sur scène. Il sillonne l'Amérique, et parallèlement enregistre beaucoup de singles, (...)

Durant cette même période, Prima introduit dans son répertoire de plus en plus d'éléments d'origine italienne. L'un des tout premiers fut Angelina : c'est une chanson inspirée du prénom de sa  mère, basée sur un traditionnel italien mis à la sauce swing,  mélangeant patois italien et argot italo-américain, à propos d'une serveuse travaillant dans une pizzeria. Le disque devint un énorme hit, malgré l'hostilité générale à l'encontre de l'Italie, découlant de la 2nde guerre mondiale.

 

En effet, à la suite de la signature du traité entre Mussolini et Hitler, les Italo-Américains effarés craignaient les pires représailles la part des Américains, puisqu'ils représentaient l'ennemi. Prima, lui, n'a jamais fait mystère de ses origines. Sans complexe mais sans provocation,  il présentait son nom et sa culture comme un état de fait, à l'inverse d'autres artistes qui se sont rebaptisés (...)

Interprétation de la chanson : BUONA SERA

Keely Smith, Las Vegas, Sam  Butera

En 1948, Prima engage une jeune chanteuse de 16 ans, Dorothy Keely, qu'il rebaptise Keely Smith.

Il trouve dans sa personnalité posée et son visage indéchiffrable son opposé exact,  et ce contraste va propulser leur duo vers les sommets. Autant musicalement que scéniquement, l'alchimie était parfaite ; ils jouèrent à fond la carte de l'opposition : les paroles clownesques et loufoques de Prima, prononcées dans un dialecte italien approximatif, s'opposent au chant pur et élégant de Keely Smith, les pitreries déjantées de l'un se heurtent à la sérénité blasée de l'autre. Ce contraste devint le clou de leur spectacle. Keely est sa 4° épouse.

Visionnage vidéo : Jimmy Vincent - Keely Smith All Night Long / in the mood for love

Visionnage vidéo : Butera Night train et

                           Sineaux au trombone

 

D'après les témoignages de ses proches, Louis Prima a été l'un des premiers à voir le potentiel de Las Vegas. Natif de la Nouvelle Orléans, ville où la musique est omniprésente en toutes occasions, il comprend qu'une ville de divertissement comme Las Vegas est pour lui pleine d'ouvertures.

 

Alors qu'ils sont installés à Las Vegas, Louis signe un contrat avec le "Sahara", un hôtel-casino tenu par un de ses amis, avant même d'avoir réuni de nouveaux musiciens. L'urgence le pousse à téléphoner à son frère Leon, qui tient un club à la Nouvelle-Orléans. Leon lui conseille un saxophoniste époustouflant, natif de la ville, qui vient fréquemment jouer chez lui. Sam Butera est engagé sur-le-champ et s'envole pour Las Vegas. Le groupe nouvellement formé s'appelle les Witnesses, et explose sur scène.

 

Dotés l'un et l'autre d'une énergie renversante et d'un humour débridé, Prima et Butera se mettent mutuellement en valeur. Ils se complètent musicalement, les arrangements et le chant délirants de Prima ponctués par le son énorme du sax ténor de Butera.

Interprétation de la chanson : c'est une surprise !

mais vous la connaissez ...

Ce principe d'interprétation décalée et humoristique de titres connus est une de leurs marques de fabrique, et fait partie des "tics" musicaux qui ont contribué à leur gloire. (...)

C'est avec cette formule que le succès de Prima a atteint son apogée. Le groupe est classé parmi les orchestres de night clubs les plus chauds des Etats-Unis. Entouré de Keely Smith, Butera et les Witnesses, le spectacle est reconnu comme le "Wildest Show in Vegas'' (le show le plus sauvage, débridé de Las Vegas).

Visionnage vidéo : le show, when you're smiling, zooma zooma, oh Marie 

A cette époque, les récompenses pleuvent, ils sont demandés partout, et apparaissent fréquemment dans des émissions de télé. Leurs shows sont filmés, ils enregistrent pour différents labels comme  Capitol Records ou Columbia. Prima fonda même sa propre maison de disques, "Robin Hood".

 

C'est également à cette période que sort un tube planétaire, qu'il avait déjà enregistré une première fois en 1943 pour soutenir les soldats américains partis au front. Cette chanson est une version arrangée d'un titre plus ancien, écrit en 1928 par 2 Autrichiens :

3 - Just a Gigolo

Suivant les pays, les paroles varient : en Russe, il s'agit d'un officier du Tsar immigré après la révolution russe qui survit en faisant le taxi-boy. Dans une version filmée par Bertold Brecht en 1933, des sans-abris chantent le sort d'un officier déchu, alors que l'Allemagne s'apprête à se remilitariser. Dans la version française, la chanson prend pour titre "C'est mon gigolo". Les paroliers préfèrent le thème réaliste de la femme avilie, dépendante d'un homme qui manifestement ne vaut pas grand-chose.

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Dans la version de Louis Prima, le contexte historique disparaît complètement. Son idée de génie est de combiner le thème avec un autre tube composé par Spencer Williams en 1915 :  

 

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En fait, la chanson que l'on connaît n'est pas, malgré ce que de nombreuses personnes croient, une chanson unique, mais bien l'assemblage de deux chansons ! La version définitive, enregistrée en 1956 avec Keely et Sam Butera, donnera à la chanson sa signature rythmique "jump". Le jump, c'est un balancement caractéristique, que l'on va vous montrer tout de suite :

Interprétation de la chanson :  JUST A GIGOLO

4 - 1960 à 72 : Gia Maione, Walt Disney

Il auditionne finalement Gia Maione, une jeune chanteuse qui faisait partie de ses fans absolus. L'audition se déroule en plein concert, où Louis demande à la jeune femme de chanter, l'une après l'autre, des morceaux choisis de son répertoire, qu'il lui indique au fur et à mesure. Elle connait parfaitement chacune des chansons, et Louis l'emmène en tournée tout de suite.

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Suite à la tournée, ils repartent pour Las Vegas. Leur théâtre est plein à craquer, et ils enchaînent 3 spectacles par soir ... tous les soirs. À la dernière représentation de 5h du matin, la salle est toujours remplie.

 

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Mais avant son départ de Las Vegas, il fait une apparition géniale dans le dessin animé des studios de Walt Disney le Livre de la jungle, où il incarne King Louie, le roi des orangs-outans.

 

Il n'en était pas à sa première collaboration avec Disney : il faisait partie de ses amis de longue date et avait participé 2 ans plus tôt à l'enregistrement de plusieurs titres de Mary Poppins (Supercalifragilistic, Chim Chim Cher-ee entre autres).

 

Selon les témoignages, le personnage du roi Louie a été directement inspiré de Louis Prima et de son orchestre, qui bougeaient sur scène comme les singes de la scène du film. Le duo mémorable qu'il interprète avec l'acteur Phil Harris dans le rôle de Baloo, commence par les paroles "I'm the King of the Swingers, the jungle VIP", qui est le surnom donné à Prima depuis des années.

Visionnage vidéo : I wanna be like you

Interprétation de la chanson :  JUMP, JIVE 'N'WAIL

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